Le Silencio va au cinéma

Obession - Curry Barker - Mai 2026

 

 

Vu par Eric

 

 

Avec un budget dérisoire (autour d'un million de dollars), Curry Barker signe l'une des plus belles surprises de l'année horrifique, et on comprend pourquoi le film a cartonné autant en salles. Le pitch de base, presque candide — un jeune homme introverti et amoureux brise un objet magique pour que son crush tombe sous son charme — bascule très vite dans quelque chose de bien plus dérangeant que prévu, et c'est là toute la force du film.

 

La progression est ce qui fonctionne le mieux : Nikki ne devient pas monstrueuse d'un coup, elle perd son identité par paliers, jusqu'à ces scènes où son regard devient presque mécanique, vidé de toute volonté propre (impossible de ne pas penser à Smile). Inde Navarrette est impressionnante dans ce double registre, passant de la fille espiègle à quelque chose de franchement psychotique sans jamais que ça sonne faux.

Michael Johnston, en face, réussit le pari difficile de rendre Bear à la fois pathétique et sympathique, ce qui rend le malaise d'autant plus efficace : on ne sait jamais vraiment qui plaindre.

 

Ce qui distingue surtout le film d'un slasher lambda, c'est cette dimension d'allégorie sur l'emprise et la possession amoureuse qui infuse chaque scène sans jamais être balourde. Le son contribue énormément à l'ambiance oppressante, et la mise en scène, très soignée pour un tournage bouclé en un mois, ne laisse presque rien au hasard dans les décors ou la photo.

 

Un film d'horreur psychologique qui prend des risques et les assume jusqu'au bout. Vous laisserez-vous tenter ?