Le Silencio va au cinéma

Hope- 2026 - Na Hong-jin

 

 

 

Vu par Éric

 

Dix ans après "The Strangers", Na Hong-jin (plutôt habitué aux polars sombres et glauques) revient avec un film d'une énergie rare. Dès les premières minutes, Hope nous embarque dans un village dévasté et ne relâche plus la pression. Les trucages sont impressionnants : la créature impose une vraie présence physique, et le montage, nerveux et précis, fait de chaque séquence d'action un moment de pure adrénaline.

 

Le film ose aussi l'humour, y compris le plus trivial. Sa séquence scatologique, franchement assumée, rappelle que le cinéma coréen sait faire cohabiter l'effroi et la farce sans jamais s'excuser.

 

Tout n'est pas parfait bien sûr. Les personnages manquent d'épaisseur et servent surtout de moteur à l'action. Les scènes de poursuite, brillantes, finissent par se ressembler. Mais on sort de la salle avec le sentiment d'avoir vu un spectacle généreux et sans calcul.

 

On est certes plus dans une série B aux moyens de blockbuster (c'est l'un des films le plus cher de l'histoire du cinéma coréen, et ça se voit) qui assume ses effets et sacrifie sans doute la couche narrative. La preuve en est sur la première course-poursuite qui est d'ailleurs d'une lisibilité qu'on n'avait pas vue depuis Mad Max fury road, qui arrive après 40mn de film (qui en fait plus de 150mn) sans pour autant que l'on sache quoi que ce soit sur le background des personnages. On pourrait même dire que les extraterrestres, incarnés par Taylor Russell, Michael Fassbender et Alicia Vikander, marquent un creux qualitatif.

 

Présenté en sélection officielle à Cannes, le film a sûrement été le coup de pied aux fesses dont la compétition avait besoin, même s'il n'est reparti avec aucune distinction.