Le Silencio va au cinéma
Disclosure day - Stephen Spielberg - Juin 2026

Vu par Eric
Le dernier Spielberg met du temps à trouver son vrai sujet. La première partie, qui installe Daniel Kellner et son vol de documents classifiés sur Roswell, souffre d'une exposition un peu trop appuyée : on sent le mécanisme du thriller se mettre en place avec application, mais sans la fluidité habituelle du cinéaste. Les scènes d'agence de cybersécurité, censées poser les enjeux géopolitiques dans ce climat de tension internationale, sont d'un classicisme inhabituel chez le réalisateur. On a l'impression d'attendre que le film commence vraiment.
Heureusement, tout change dans le dernier acte. Spielberg retrouve cette capacité unique à créer des moments de pure émotion cinématographique — la scène du wagon rempli de pianos à queue, les images de la révélation ou encore les dialogues de la présentatrice TV devant ces mêmes images. La conclusion, qu'on sent avoir été écrite en premier tant elle est habitée, renoue avec la part la plus intime et la plus poétique du cinéaste, celle qui infusait déjà Rencontres du troisième type ou E.T. La musique de John Williams, toute en retenue, accompagne parfaitement ce basculement.
Mais il est dommage que le réalisateur n'ai pas voulu aller plus loin dans l'impact sur le genre humain de ces révélations. Finalement, on a l'impression que Spielberg a voulu faire un film d'action sur un sujet profond, plutot que l'inverse. Vraiment dommage.
Un film en deux temps, donc : laborieux dans sa mise en place, mais qui se rachète largement par une fin qui restera, elle, comme l'un des grands moments de la filmographie récente de Spielberg.
