
Le Silencio Club Ciné venait de programmer La Loi de la Jungle de Antonin Peretjatko avec Vimala Pons et Vincent Macaigne et voilà qu’il vous propose de se joindre à lui pour la 10ème édition de la Fête du Court-Métrage, dont les Marraine et Parrain sont… Vimala Pons et Vincent Macaigne! Quel heureux hasard!
Vimala Pons, tout juste récompensée par l’Académie des César 2026 pour sa performance de meilleure actrice dans un second rôle (L’Attachement, de Carine Tardieu) participe, réalise et joue dans ces films courts depuis ses débuts.
Vincent Macaigne, 3 fois récompensé pour son film “Ce qu’il restera de nous” en 2012 (Festival National du Court-Métrage de Clermont-Ferrand) a maintes fois montré son intérêt pour ce format en tant que réalisateur et en tant qu’acteur.
La France produit des courts-métrages par centaines chaque année. De jeunes réalisateurs et réalisatrices y font leurs premières classes. Ils s’essaient au langage ciné, à la direction, au tournage, découvrent le montage et ses richesses inespérées. Ils rencontrent - et surmontent - mille et une difficultés, pour être un jour projetés, offerts à un public animé de curiosité.
C’est tout un art de raconter en un temps court (59mn, pas plus!), de créer une atmosphère, de définir des personnages, leur quête et de les y accompagner. Certain.e.s y reviennent après avoir goûté au long. Ils y trouvent une liberté qui réveille l’inventivité, les types de narration et les audaces esthétiques. Le court-métrage est le champ de tous les possibles, et c’est un de ses nombreux charmes.
La projection des publicités et des bandes-annonces a remplacé celle des films courts. La rentabilité financière et promotionnelle avant tout! Rares sont les séances qui lui gardent une place. On le découvre la plupart du temps sur petit écran, ou dans des salles qui s’inscrivent dans des événements comme Le Festival de Clermont-Ferrand, et ici La Fête du Court-métrage. Celle-ci a l’avantage de se dérouler partout en France, à portée de chacun. Le Silencio aime le cinéma! Quand on le fête, il est là!
Il s’est associé avec le Cinéma Le France pour la deuxième année et a ainsi bénéficié de la programmation réservée aux exploitants. Du 25 au 30 mars, les séances comprenaient un court-métrage avant le long, pour le plus grand plaisir des spectateurs et souvent à leur grande surprise.
Le Silencio Club Ciné a quant à lui animé deux séances exceptionnelles uniquement composées de courts-métrages: une pour les grands (à partir de 14 ans), et l’autre pour les plus jeunes (à partir de 3 ans). Deux séances intimistes mais qui ont permis de savoureux échanges, avec un public conquis, autour de films riches en émotions.
Jeudi 25 mars : une séance pour les plus de 14 ans!
En avant-programme, une surprise : LA FÉE AUX CHOUX, de Alice Guy - 1896
Une fée, dans un jardin, se penche sur des choux immenses. Comme par magie, en naissent des enfants.
Première réalisatrice, Alice Guy a énormément contribué à la naissance du cinéma. C'est ici la première production Gaumont, pour qui elle a énormément travaillé.
Fantaisie, fantastique, on retrouve l’innocence de l’univers dans lequel évoluaient les frères Lumière (L’arroseur arrosé, 1895) et Méliès (Le voyage dans la lune, 1902).
Merci à Nicolas Lowys, (Bauciné) de nous rappeler l'œuvre de cette pionnière!

La fée aux choux
Viens voir les comédiens!
4 films épicés du talent de plusieurs artistes, déjà bien connus sur le grand écran.
Captivantes par leur propos, leur rythme, leurs qualités d’image et leurs bandes sonores, ces œuvres m’ont surprise par l’intensité avec laquelle elles traitent de leurs sujets, elles font évoluer leurs personnages, elles savent nous convaincre si efficacement.
MORT D’UN ACTEUR, de Ambroise Rateau (2019) est une spirale infernale, diablement imaginée. Philippe Rebbot sort de ses gonds et de son image trop douce, Finnegan Oldfield excelle en odieux premier rôle. La lumière de plus en plus sombre et glacée peint avec finesse la descente aux enfers d’une victime qui se rebelle.
Critique acerbe des ogres médiatiques, alerte acide au pouvoir des réseaux, invitation à la méfiance des nouvelles technologies, inquiétude d’une folie généralisée qui se fond dans la normalité. Mort d’un acteur fait peur sous ses airs de comédie fantastique.
MORT D’UN ACTEUR, c’est un César du meilleur court-métrage de fiction, Philippe Rebbot récompensé à Clermont Ferrand 2025, Ambroise Rateau lauréat du Prix du Rire Fernand Raynaud… Vous avez dit “rire”?

Mort d'un acteur
OLIVIA, de Ben Richardot (2024) est une véritable tragédie. Ici encore c’est un vertige affolant qui conduit en un tournemain un personnage candide vers un funeste destin.
Lourde critique sociale, le rythme est dramatiquement orchestré, et Raphaël Quenard époustouflant de vérité. On croit à son personnage, on croit à ces engrenages, on croit en la perversité de l’ordre établi. Là encore, on est retourné.

Olivia
TOTEMS, de Arthur Cahn (2023) traite du deuil avec une délicatesse particulière, mêlée d’humour, de tendresse, de crudité incongrue.
Connaît-on vraiment ceux que l’on aime? Sommes-nous prêts à tout savoir?
Comment des amis soudés se soutiennent dans leur peine qui les distinguent autant.
Une émouvante et juste expression des multiples façons de perdre un être cher. Anne Olivaro, en mère “orpheline, reste digne. Elle est magnifique.

Totems
JE VEUX DANSER , de Lomane de Dietrich (2025)
Questionnement sur l’amitié et les pulsions adolescentes, une mise en scène douce et poétique. Benjamin Voisin au naturel simple, Stefan Crepon véritable apprenti Cupidon. L'ambiguïté légère et l’amitié vraie. Un régal!
Tourné dans les paysages champêtres de Mayenne, JE VEUX DANSER en donne envie. Envie de courir dans les champs, envie de rêver, d’aimer comme des adolescents. Une fraîcheur comme on en voudrait plus souvent!
Le programme est terminé! Une petite discussion en fin de séance, avec des spectateurs surpris, mais enthousiastes et gourmands d’échanges. Que du bonheur!
Rendez-vous l’an prochain!

Je veux danser
Dimanche 28 mars: Ciné kids
La surprise du jour : LE MONDE DE DALIA De Javier Navarro Avilés, 2019
Dalia visite une serre avec son papa et se perd! Une animation délicate comme du papier de soie.
Les ombres colorées nous bercent dans un univers où l’émerveillement protège de la peur. Nulle frayeur pour les petits rêveurs!

Le monde de Dalia
LE NID, de Sonja Rohleder (2019)
Parade nuptiale d’un oiseau de paradis.
Les couleurs vives illuminent les fonds noirs. La musique percussive parle le langage des oiseaux, de la jungle qui s’anime, des singes qui s’élancent ici et là. Xylophone et marimba
font danser ce monde festif.. Très belle parenthèse, un peu trop courte pour moi.

Le nid
L'OISEAU ET LA BALEINE, de Carol Freeman (2018)
Le chant de l’oiseau appelle la baleine, et lui offre sa voix dans un ultime geste d’amitié.
Gouache, pastel, huile sur verre. De la matière, entre ciel et mer..
Sans paroles, la flûte chante pour l’oiseau, et la musique vogue au gré des flots, de l’orage, de la tourmente. Métaphores visuelles qui disent en douceur des tragédies qui feraient peur. Beaucoup d'émotions et de poésie. Magnifique!

L'oiseau et la baleine
L'ODYSSÉE DE CHOUM, de La quête initiatique d’une petite chouette tombée du nid.
Grande qualité plastique d’animation, richesse pédagogique des rencontres. Des dialogues cette fois. Les jeunes spectateurs sont captivés et ravis de pouvoir identifier les animaux.
Le programme se termine. Les enfants se seraient volontiers encore laissé bercer dans ces mondes à leur portée. Nous nous rassemblons quelques minutes pour échanger. Chacun est ravi de s’exprimer, et gageons que la conversation en famille a continué.
Les parents étaient enchantés de l'expérience : ils ont apprécié la qualité des films, la sélection, le niveau sonore adapté aux petites oreilles, la durée, la salle de projection...
Et l'initiative de l'événement.
Une séance très agréable, très réussie, malgré la concurrence de la Matagasse!
A renouveler, avec peut-être une séance supplémentaire pour les 5-14 ans!

L'odysée de Choum