A compléter...

La 8e édition de ce festival unique en France s'est déroulé du 28 février au 8 mars 2026. Contrairement aux festivals classiques, celui-ci met à l'honneur les "métiers de l'ombre", et plus précisément les directeurs de la photographie.

 

Cette année, c'est Agnès Godard (fidèle collaboratrice de Claire Denis) qui préside le jury. Il y a eu plus de 60 films, dont de nombreuses avant-premières et des pépites restaurées. Un hommage particulier a été rendu à Jean Rabier, grand chef opérateur de Claude Chabrol.

 

Des Master Class (notamment sur la saga Kaamelott le samedi 7 mars) et une compétition de courts-métrages a mis en avant les femmes à la caméra. Il y a eu aussi le "Festival des Petits" le mercredi 4 mars.

 

Retour sur une semaine de cinéphilie bien chargée.

 

Le 1er Mars 2026

Le festival a ouvert ses portes avec une programmation internationale et variée, mettant à l'honneur l'esthétique de l'image. Nous avons pu voir trois projections suscitant des réactions variées sur la justesse des récits et la qualité technique des œuvres présentées.

 

Broken Voices (Ondrej Provaznik, 2026 - République Tchèque Slovaquie) : Une plongée subtile dans l'adolescence des années 70.

La matinée a débuté avec l'avant-première de Broken Voices, une coproduction entre la République tchèque et la Slovaquie, déjà auréolée d'une mention spéciale du jury au festival de Karlovy Vary en 2025. Situé dans les années 70, le film explore avec subtilité le phénomène d'emprise et l'ambivalence du passage à l'âge adulte chez de jeunes filles. On peut saluer la justesse des relations entre adolescentes, même si certaines longueurs ont été notées. La réalisation est solide avec des décors et une photo représentatives des années 70. Les acteurs, notamment la jeune actrice principale, sont excellents, jouant très justement. Je regrette cependant que certains seconds rôles n'aient pas été plus creusé (la mère du chef de chorale, par exemple).

 

Nino dans la nuit (Laurent Micheli, 2026 - Belgique France) : La banlieue entre clichés et désillusions

L'après-midi a laissé place à Nino dans la nuit, dont la sortie nationale est prévue pour le 4 mars. Ce long-métrage traite de la vie nocturne en banlieue, de la drogue et de la difficulté de s'extraire d'un système jugé "faux". Je déplore un sentiment de "déjà-vu" et une absence de renouvellement dans le traitement social du sujet. J'ai regretté un manque de nuances morales, avec des personnages refusant de saisir les opportunités pour rester dans leur monde. Dans cette description de milieux bien différents, les caricatures ne sont pas évitées.

 

Darling (John Schlesinger, 1965 - Grande Bretagne) : Le retour d'un classique avant-gardiste

La journée s'est achevée sur une note nostalgique avec la projection de Darling (1965) de John Schlesinger, porté par Julia Christie, au charme éblouissant de ses 25 ans. Son oscar de la meilleure actrice n'a pas été usurpé. Ce film, restauré en 4K, véritable témoignage d'une époque, m'est apparu avant-gardiste sur les questions du féminisme et de l'évolution de la femme. Le public s'est divisé sur ce film, certains le jugeant trop lent. Ça n'est pas mon cas. Le débat s'est cristallisé autour de la psychologie de l'héroïne, décrite par une spectatrice comme une femme sans "colonne vertébrale" face aux prédateurs de son temps, d'autres la voyant comme une femme perdue, qui, ne sachant pas quelle vie elle veut réellement, s'essaie à plusieurs modèles. 

 

Cette première journée au festival de Chalon m'a offert un panorama contrasté, entre découvertes contemporaines et redécouverte d'un classique méconnu.