Le cinéma d’ici et d’ailleurs, d’hier et d’aujourd’hui, Le cinéma qu’on aime, le cinéma qui nous anime !

Une belle soirée pour débuter le cycle des Films d'ici !

 

Après Mayrig qui racontait l’arrivée à Marseille d’Azad Zakarian avec sa famille arménienne fuyant le génocide de 1915, Henri Verneuil livre avec 588 rue Paradis un bouleversant hommage à sa mère, sa famille et ses racines.

Des valeurs importantes que Le Silencio-Club-Ciné est heureux d'avoir partagé avec un public touché !

 

“Les spectateurs ont eu des interprétations différentes du film : transfuge de classe, violence symbolique, perte de son identité arménienne.

Un film bavard avec une voix Off qui explique ce qu’on a vu ou ce qu’on va voir. Une seule séquence mais charnière qui a été filmée dans l’hôtel Royal. Unanimité sur la technique filmique de Verneuil.”                                                                                           Jean-Pierre

 

Le lien au thème du cycle:

La séquence de l’Hôtel Royal: “luxe, calme et volupté” aurait scandé Baudelaire.

 

 

“Tante Gayané s’est effacée” comme l’écrivit Verneuil/ Zakar. Pour soulager le deuil de ses parents, Pierre Zakar leur offre un séjour à l’Hôtel Royal. 

Ciel gris de fin de saison, Léman bordé d’arbres et de montagnes, vagues qui s’éloignent vers Lausanne; galets qui bruissent sous les pas, bise qui souffle fraîchement. Le décor, s’il n’est pas lumineux, éclaire pourtant la douleur de Mayrig, ayant perdu sa sœur.

 

Gris et venteux, malgré la chaleur des lumières de l’hôtel. Mais tendre et magique, comme cette valse qu’elle danse avec son fils au son du quatuor qui ne joue plus que pour eux.

Hagop, père et mari n’est pas resté plus de trois jours. Son humilité ne pouvait trouver sa place dans ce palais de conte de fées. Il est retourné dans sa boutique, il faut bien travailler.

Une première scène qui dit la tristesse d’une famille esseulée, la tendresse qui les unit, l’abîme qui pourtant les sépare: Azad Zakarian est devenu Pierre Zakar, le petit enfant de simples commerçants, un riche et célèbre homme de théâtre. Ses parents en sont fiers, lui les aime plus que tout, et pourtant tout les sépare. Il n’a pas pris conscience que ce qu’il leur offre les gêne, les met mal à l’aise.

La scène suivante fait apparaître la “princesse”. Carole, vêtue de perles et d’élégance ostentatoire, sort comme par magie de l’hôtel enchanteur, dans un tourbillon de vent qui fait s’envoler les écrits de l’auteur. Elle est bien présentée comme la bourrasque qui bouleversera la vie d' Azad. Qui le charmera, l’éblouira et très vite l’ensorcellera, et le modèlera à sa nouvelle image, celle de Pierre Zakar. Qui mettra longtemps à soulever le voile. Larguez les amarres!

 

Sous ses airs d’écrin merveilleux, et sous la plume d’un auteur repenti, notre paysage baudelairien révèle des horizons moins radieux.

 

Comment le verra Fabrice Aragno, comment nous le présentera-t-il à travers son film Le Lac, que nous vous proposons en deuxième film?

 

Céline